FAUT IL REDOUTER LE PROGRÈS  TECHNIQUE ?

 

Le XXème siècle est marqué par l’apogée de la puissance technologique. Hiroshima marque un tournant : l’Homme est désormais capable d’anéantir toute vie sur terre. « La promesse de la technique moderne s’est inversée en menace » écrit Hans Yonas.  Pourtant l’Homme a continuellement rechercher à développer ses techniques pour améliorer ses conditions de vie et se protéger des menaces.  La technique ne se résume d’ailleurs pas à la technologie ni même aux outils, elle peut renvoyer à un savoir-faire intériorisé, à un ensemble de procédés utiles à la réalisation d’une fin.   Le progrès technique peut alors être compris comme le témoignage de la perfectibilité de l’Homme, le signe même de son intelligence. C’est pourquoi, il faudrait plutôt voir dans la technique une chance, un espoir plutôt qu’une menace. Devons-nous alors craindre ou espérer le progrès technique ?

 

PLAN

 

 

 

                                                           I/ Défense du progrès technique.

 

 

Il ne faut pas craindre le progrès technique car celui-ci partie intégrante de son développement. L’Homme a besoin du progrès technique, celui-ci compense ses faiblesse naturelles, stimule ses capacités.

 

 

1. Une nécessité pour l’Homme, Prométhée (Platon, Protagoras)

La technique est tout d’abord une nécessité pour l’Homme. Le mythe de Prométhée tel que formulé dans le Protagoras de Platon fait référence pour cela. L’Homme, avant l’intervention de Prométhée, c’est-à-dire à son état naturel, est un être en pleine détresse, qui à la différence des autres animaux, ne porte pas en lui les qualités nécessaires à sa propre survie. Un animal à des griffes, des crocs, la capacité de se déplacer rapidement, etc., alors que l’Homme est un être nu et vulnérable.

L’intervention de Prométhée libère l’Homme de la détresse, car Prométhée apporte à l’Homme la technique, l’art, l’artisanat. La technique est donc nécessaire à l’Homme puisqu’elle seule lui permet de pallier sa détresse naturelle.  

 

2. Propre de l’Homme : Bergson et l’homo faber

Bergson défend l’idée que la technique est une spécificité humaine. Cela peut paraître paradoxal puisqu’en général, nous disons que le propre de l’Homme est la raison : on parle d’homo sapiens. En posant que le propre de l’Homme est la technique, Bergson souligne donc que l’intelligence humaine est avant tout une intelligence technique. La première fonction de l’intelligence humaine selon Bergson est de produire des outils.

Pour justifier sa thèse, Bergson s’appuie sur une controverse lors de la découverte d’outils en silex dans les alluvions de la Somme. Il ne prend pas partie dans ce débat, mais en dégage le sous-entendu : si nous sommes en présence d’outils, alors nous sommes en présence d’Hommes. Il y a donc unanimité pour dire qu’il y a une implication entre l’outil et l’humanité.

Cette thèse est en conformité avec le discours scientifique actuel, car ce qui différencie le dernier hominidé non-humain du premier animal humain est ce qui différence australopithèque et homo habilis, c’est-à-dire la capacité à fabriquer des outils. Bergson préfère donc qualifier l’Homme d’homo faber, homme qui fabrique des outils, plutôt que d’homo sapiens. Il veut insister sur le fait que si l’homme est homo sapiens, c’est avant tout parce qu’il est un être qui doit fabriquer des outils.

 

Cependant l’évolution de la technique peut devenir source de nouveaux risques

 

 

I / Il faut avoir peur du progrès technique : des effets dangereux rendent la peur légitime.

 

1/ Le progrès technique valorise la technique comme exploitation de la nature, de l'homme et de la société. La technique n'est alors plus considérée comme un rapport d'adaptation à l'environnement mais comme une « exploitation » de la nature comme l'explique Heidegger dans La question de la technique. On met en demeure la terre, l'homme, la société de produire, d'être rentable sous peine de disqualification au risque de détruire ces sources.  Ce nouveau rapport à la nature apparaît déjà avec Descartes qui donne à la science le projet de rendre l’Homme comme « maitre et possesseur de la nature ».

 

2/ Les innovations techniques sont ambivalentes (deux aspects). Un progrès peut aussi être perçu comme un nouveau risque (ex : le nucléaire , arme mais aussi source d’énergie)

 

 

3/  Inégalités . Les progrès sont loin d’être partagés par tous. Ils permettent à ceux qui sont les plus avancées de dominer davantage les autres.

 

4) Imprévisibilité des effets des innovations techniques. Toute invention (un médicament par exemple s'accompagne d’effets imprévus non désirés, les effets secondaires). Le progrès technique modifie les rapports de production dans la société et modifie les rapports sociaux parfois de manière néfaste en tout cas de manière imprévisible. Plus notre technique est puissante grâce au progrès, plus ses effets sont imprévisibles.

 

Mais la généralisation de la peur du progrès technique est-elle souhaitable ? Permettrait-elle de résoudre les problèmes rencontrés par l'humanité en général et sous l'effet du progrès technique en particulier ?

 

 

III Intégrer la peur comme moteur de l'éthique d'un progrès responsable

 

1/L'utilité de cette peur. La peur apparaît comme un moyen efficace pour lutter contre les dangers de la technique. Elle est nécessaire pour lutter contre la naïveté et la force de l'engouement dont la technique fait l'objet. Elle est nécessaire pour lutter contre l'aveuglement de la course au profit qui s'abreuve au progrès technique et à ses incessantes innovations à la fois moyen commercial ou marketing de vendre plus et moyen économique de produire de manière toujours plus rentable.

 

2/La peur fait passer d'une intelligence abstraite à une compréhension concrète des dangers plutôt que d'attendre que les catastrophes ne se produisent réellement. Tout comme il y a un devoir de mémoire qui possède une dimension émotionnelle pour être efficace, il y a un devoir par rapport aux catastrophes dues à l'aveuglement de l'engouement de l'homme devant le progrès technique.

 

3/ La peur doit motiver la réflexion et non la paralyser. Création de comités d'éthique, de commissions de surveillance, etc.

 

 

 

Conclusion : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »  Rabelais


 

Très bonne vidéo ci-dessous - qui a servi pour établir le plan