Analyser la forme de sujet

 

         Connaitre les formes des questions posées au bac-

 

Il existe de nombreuses formulations des sujets en philosophie.  Cependant pour l’examen du baccalauréat,  on remarque que certaines formes de questions reviennent plus systématiquement et que d’autres au contraire ont été supprimées (les anciens sujets commençant par une citation par exemple). On peut ainsi répertorier  quatre formes fréquentes de sujet.

 

 

I/ Les sujets qui commencent par : « Peut-on ».      FRÉQUENT

 

« Peut-on » a deux sens principaux : La possibilité et le droit (l’autorisation).

 

On peut même distinguer deux niveaux dans le droit :  il y a le droit légal (par rapport à la législation en vigueur) et le droit moral (par rapport à des exigences de justice).

 

On peut prendre en compte ces différents aspects pour analyser le sujet proposé cependant lorsqu’il est évident qu’on a la capacité de faire quelque chose, on accentue l’analyse sur la question du droit.

 

Ex 1 : Peut-on désobéir aux lois ?  Si on prend les lois humaines, la désobéissance est tout à fait possible (on le constate chaque jour)  le problème porte  plutôt sur le droit, la légitimité de la désobéissance, est ce légitime, juste, acceptable…

 

 EX2 : Peut- on penser sans langage ? ici le sujet porte sur la possibilité, la capacité. A priori, on ne voit pas bien le sens que cela aurait de dire que l’homme possède ou pas le droit  de penser sans langage.

 

II Les sujets qui mettent en rapport deux notions       FRÉQUENT

 

 
Exemple : L’homme a t-il une nature ?

 

Ce genre de sujet vise souvent à établir une définition d’une notion (ici  l’Homme) en la rapportant  à une seconde.  Il ne faut surtout pas faire un plan qui analyse séparément les notions du sujet (1. Qu’est ce que l’Homme ?, 2. Qu’est-ce que la nature ? 3. L’Homme va-t-il  ou non une nature ?).  Ce genre de sujet appelle souvent un plan dialectique : thèse, antithèse, synthèse. En enlevant le point d’interrogation, on obtient la thèse : l’homme a une nature. Il s’agit de trouver la contradictoire : l’homme n’a pas de nature, il a une culture. On développera d’abord la thèse proposée par le sujet, puis la thèse opposée. On  dépassera l’opposition dans la  troisième partie (ex : la culture permet à l’Homme de développer ses facultés naturelles…)

 

Deux remarques :

 

Remarque 1/ Ce type de  sujet peut aussi se présenter sous forme d’alternative.   Par exemple : L’art est-il imitation ou création.  Le but de ce type de sujet est finalement d’arriver à définir une notion (ici l’art).

 

On procède ici comme avec  l’exemple précédent tout en envisageant les deux possibilités qu’exclues l’alternative (ni l’un ni l’autre et les deux).

Remarque 2/ il existe des sujets dans lesquels les deux notions sont des notions du programme. Il faut dans ce cas trouver la notion principale qui va orienter l’analyse sans négliger complètement la seconde question.

 

 

 

Ex :   Le bonheur est- il le but de la politique ?

Dans ce sujet on voit que la notion centrale est la politique et on s’interroge sur ses but possibles : le bonheur (des dirigeants ou du peuple ?) pouvant être l’un d’entre eux.  On accordera donc plus d’importance à la notion de politique qu’à celle de bonheur (sans oublier cependant de l’analyser).

 

 

 

 

 

III  Les sujets qui commencent par « Faut-il ».    ASSEZ  FRÉQUENT

 

« Faut-il »  peut être pris dans trois sens : Est-il nécessaire ?  A-t-on raison ? (est-ce rationnel, est-ce raisonnable ?) et  est-ce un devoir ?
Trois sortes de problématiques apparaissent : l’une relative à la nécessité ; la deuxième relative à la raison ; la troisième relative au devoir.
Exemple de sujet : Faut-il n’admettre comme vrai que ce qui peut être prouvé ? Problématique relative à la nécessité.
Autre exemple : Faut-il réaliser tous ses désirs ? Problématique relative à la raison.
Dernier exemple : Faut-il toujours dire la vérité ? Problématique du devoir.

 

Les trois sens ne sont pas exclusifs et peuvent parfois être traités dans le sujet.

 

 

 

 

 

IV   Les questions qui commencent par « Pourquoi ».    PLUS RARE
« Pourquoi a deux sens possibles : la cause  et  le but (finalité).

 


Deux types de problématiques peuvent apparaître : l’une relative à la causalité, au fondement ; l’autre à la finalité.   

 

« Pourquoi l’homme ne peut- il vivre sans lois » ?  Questions qui portent principalement sur les causes. « Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire » ? Questions qui portent principalement sur les buts.

 

Les deux sens ne sont pas exclusifs dans l’analyse des sujets car le but peut devenir une cause.