Analyse du texte de   Kant, Qu'est-ce que les lumières ?

 

 

 

 

Un aperçu des idées du texte:

 

 

Ce texte est extrait d'un article de journal dans lequel Kant examine la question  : "Qu'est-ce que les Lumières ? "

Cette expression utilisée pour qualifier le 18ème siècle comporte plusieurs sens - pour Kant il ne s'agit pas tant d'éclairer les Hommes avec des connaissances pour les faire sortir de l'obscurantisme que de les inciter à utiliser leurs "propres lumières", c'est à dire à utiliser leur raison pour penser par eux-mêmes de façon autonome.

Pour Kant les "lumières " désignent ainsi la sortie de l’homme de son état de minorité (dépendance intellectuelle) dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) (…)Aie le courage de te servir de ton propre entendement  (Sapere aude -ose savoir). Voilà la devise des Lumières selon Kant.

 

 Ainsi dans ce texte nous allons retrouver à la fois un constat sur la situation de l'Homme : la plupart des Hommes se trouvent dans un état de dépendance surtout intellectuelle vis-à-vis des autorités intellectuelles et morales

L'explication  de cette situation qui en établit les causes (paresse et lâchete ) , les conséquences qui cela entraîne (les tuteurs profitent de la situation) et se termine sur un encouragement adressé aux hommes pour qu'ils tentent malgré tout de se libérer de l'emprise des tuteurs.  Lorsqu'on pense par soi même et qu'on suit son propre chemin on risque de se tromper mais c'est ainsi que l'on progresse.

 

Examen plus approfondi:

 

Thème l’autonomie de la pensée et  la liberté - Celle ci n’est pas donnée, elle doit se conquérir

 

 

 

Thèse : L’auteur soutient qu’une majorité d’hommes restent soumises  aux autorités politiques, morales, intellectuelles  alors qu’il leur suffirait d’exercer leur raison et  penser par eux même pour devenir indépendant. Ainsi Kant soutient que la sortie de l'Homme de son état de minorité est un processus qui est loin d’être achevé.

 

 

 

 

Problème : Sommes nous sortis de l’état de minorité ? Ne sommes nous pas nous aussi soumis à des autorités qui pensent pour nous (de nos jours les média, la science …). D’autre part, est-ce seulement par manque de volonté  qu’on se laisse guider. La faute n’incombe t-elle pas davantage aux « tuteurs » qui conditionnent les hommes ?

 

 

 

Plan :  le texte présente d’abord le paradoxe de la servitude volontaire puis le rôle des tuteurs et se conclue sur l’apprentissage de la liberté.

 

 

 

1)       Le paradoxe de la servitude volontaire :

 

 La nature a donné les moyens à chaque Homme pour penser par lui-même : la raison.

La nature à affranchi (libérer) l'Homme depuis longtemps d'une tutelle étrangère.

On peut comprendre cette phrase de deux façons:

a) L'adulte n'a plus besoin (contrairement à l'enfant) d'une autre personne pour le guider, il a sa propre raison pour se dirige parcequ'il est maintenant adulte.

 

 b) L'espèce humaine n'est plus guidée comme c'est  le cas chez l'animal sauvage par un instinct qui lui fixe précisément la marche de sa conduite, l'Homme par sa raison peut se fixer ses propres règles de comportement et développer sa réflexion.

 

Pourtant et c'est là que réside le paradoxe: les hommes demeurent dans un état de tutelle. Ils n'exercent pas leur faculté de pensée, ils s'en remettent à d'autres pour penser à leur place.

 

L'explication est simple selon Kant: il est plus facile, plus confortable d'être guidé par un autre que de faire l'effort de penser par soi-même ce qui implique parfois le risque de se tromper. C'est donc par "paresse et lâcheté" que les hommes préfèrent suivre des tuteurs, des personnes qui ont une certaine autorité et qui servent de guide. Les exemples sont éclairants sur ce point: le livre, le directeur de conscience, le médecin. Ce sont trois figures de l'autorité.

L'autorité de l'école (ou peut être de la religion) avec le livre,  l'autorité d'un guide qui peut être un prêtre ou un précepteur par exemple (le directeur de conscience) qu'on pourrait remplacer aujourd'hui par le "psy' ou le "coach". Enfin l'autorité même de la science avec le médecin.

On voit avec ce dernier exemple l'ironie de Kant qui se moque quelque peu des personnes qui consultent un médecin pour des questions de régime alimentaire ( notons que Kant ne connaissait sans doute pas les problèmes de surpoids ou d'obésité propre à notre époque). Ce qu'il veut dire c'est qu'un peu de bon sens, de jugement ou de réflexion permettrait de répondre par soi-même à toutes les questions que l'on va poser aux autres en déboursant son argent. Payer quelqu'un pour qu'il pense à notre place.

Cette tendance n'a sans doute pas disparu à notre époque, nous-mêmes dès que nous avons une difficulté ou un problème,  nous allons consulter les réponses sur les navigateurs de recherche d'internet . Or si nous n'utilisons pas notre raison , comment pourrons nous savoir ce qui est vrai ou faux ? Nous serons enclins à croire ce que l'on nous dit et nous finirons par adopter une opinion sans aucune preuve sur ce qu'on appelle l'argument d'autorité, c'est

  

 

 

2)       Le rôle des tuteurs :

 

Les tuteurs profitent de la situation , leur rôle n'est pas positif. Ils ne cherchent pas à émanciper les personnes qu'ils dirigent on le voit avec le termes  qui caractérisent leurs  rôles :    Surveiller ;            abêtir  ;  -          Dissuader d’agir .

 

Ces tuteurs ont même tout intérêt a renforcer la dépendance des personnes dont ils ont la charge afin de conserver leur intérêts. Le peuple est alors comparé à du bétail ou à des enfants.

L'ironie de l'auteur apparaît avec les expressions: extrême bienveillance et sollicitude.

Les tuteurs en apparence sont bienveillants et plein de sollicitude avec leurs protégés mais en réalité ils profitent de la faiblesse des Hommes et ne songent qu'à leur interêts. Un berger peut apparaitre bienveillant envers ses brebis (il soigne, les protège) jusqu'au jour où il les conduit à l'abattoir.

 La dépendance dans laquelle les Hommes se sont enfermés peut se refermer comme un piège

 

 

 

 

3)       L’apprentissage de la liberté

 

Pour conclure son texte, l'auteur invite les hommes à faire " un pas" en dehors de l'état de minorité , c'est à dire à décider de penser par eux-mêmes même si cela conduit à se tromper. 

Il utilise ici la métaphore de la chute.  Si l'on veut apprendre à marcher tout seul, on peut tomper mais c'est ainsi que l'on apprend. Si l'on veut apprendre à être libre on risque de faire des erreurs mais on peut apprendre de ses erreurs pour ne plus les reproduire.

 

Conclusion

Ce texte constitue un plaidoyer pour la liberté de penser , le fait pour l'Homme d'utiliser sa raison même si cela exige des efforts et fait parfois encourir des risques d'erreur.  Mais c'est à ce prix que l'Homme  pourra être réellement indépendant (dans sa pensée et par conséquent dans ses choix) ;  cela est fondamental pour un individu mais tout aussi essentiel à l'échelle d'un  un peuple s'il ne veut pas tomber dans la servitude.